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La pause estivale en running ? Une grosse erreur !

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La pause estivale en running ? Une grosse erreur !
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Bon nombre de runners, quel que soit le niveau et l’investissement, ont coutume de faire une coupure pendant l’été. C’est encré dans les habitudes, mais sans véritable fondement. Pire même : cela peu être à l’origine de troubles articulaires ou musculo-squelettiques !

Alors si la pratique doit être adapté pendant cette période, la règle ne doit surtout pas être à la coupure totale.

 

Pourquoi la coupure estivale est-elle mauvaise pour vous ?

 

Il y a plusieurs arguments CONTRE la coupure.

 

1- Le premier, c’est une question de bon sens.

Courir, c’est prendre soin de soi et de son corps au quotidien. En vertu de quelle règle il faudrait faire une pause dans ce rituel si bénéfique ? S’arrête-t-on de se doucher ou de se brosser les dents en vacances ? A mon sens, non. Qu’en pensez-vous ?

Notre corps est fait, depuis la nuit des temps, pour être opérationnel tous les jours, toute l’année. Suivre les troupeaux de mammouths, échapper aux prédateurs, migrer à la recherche de contrées fertiles nécessite d’être mobile au quotidien.

 

Avez-vous déjà entendu parler de l’hibernation des humains ?

 

A condition de s’alimenter et de s’hydrater correctement, il n’y a aucun obstacle physiologique à cela. Si tel était le cas, l’homme hibernerait ! Et comme tous les animaux dans ce cas là, ce ne serait surement pas en été, mais plutôt en hiver…

 

2- L’été et les vacances sont propices à l’activité physique.

Le temps social est plus malléable, et les conditions météorologiques sont souvent plus favorables. Quoi de plus agréable qu’un footing au petit matin, « à la fraiche », avant de prendre un petit déjeuner en famille ? Et que dire de la petite pause méridienne que nombre d’entre nous réinstaurent en vacances !

 

3- Profiter d’une alimentation riche en micronutriments.

D’un point de vu alimentaire, la nature nous donne en été ce qu’elle a de meilleur, avec une profusion de fruits et de légumes gorgés de soleil, de vitamines et de micronutriments. De quoi allier plaisir et santé, à condition d’être raisonnable dans votre consommation de vin rosé, grillades, et autres spécialités estivales !

 

4- La continuité de l’entraînement

Du point de vu de l’entraîneur, la coupure vient à l’encontre de 2 principes fondamentaux de la planification de l’entraînement : la progressivité et la continuité.

Pour garantir une stabilité dans la progression et pour prévenir les blessures, ce principe préconise de faire varier les charges d’entraînement de 10% environ d’une semaine sur l’autre, en prenant en compte l’intensité et le volume.

Et là, sans prévenir, on passe de 100% à 0% ? Puis quelques semaines plus tard de 0% à souvent un minimum 50 à 70% de la charge habituelle. Une aberration !

Qui va prendre le temps de faire une quinzaine de désentraînement avant une coupure ? Vous ? Non, personne.

Le stress soumis alors à l’organisme est alors important, et cela augmente sensiblement le risque de blessures à la reprise.

 

5- J’ajouterai que la coupure estivale est synonyme pour beaucoup de quelques kilogrammes supplémentaires sur la balance, effet conjugué de la baisse d’activité physique et de l’augmentation du nombre de barbecues, apéros et autres libations…

Ce qui s’ensuit est imparable : les efforts mécaniques de traction au niveau des articulations (les tendons principalement) augmentent de façon exponentielle, et seuls les coureurs les plus solides peuvent se targuer d’échapper aux tendinopathies dans les mois qui suivent le reprise.

Et sans parler de blessure, qu’il est pénible de devoir tout reprendre à zéro. Alors que le moteur du running est le plaisir, je trouve cela antinomique.

 

Alors, pourquoi certains préconisent une pause estivale ?

 

Puisse-que je vous l’ai promis voici la vérité : la coupure est bien pratique pour certains coachs. Car si les athlètes sont en vacances, ils ont du répit quelques semaines, sans planification ni suivi à faire pendant ce temps.

Et cela a dû participer grandement au succès populaire du « summer break » !

 

Mais, officiellement, l’argument cité en premier en faveur de la pause estivale en running, c’est la régénération de l’organisme. Nous avons vu plus haut que cela ne tenait pas.

 

Un deuxième argument est plus défendable : c’est l’aspect psychologique. « Après une saison d’efforts et de sacrifices, il est bon de faire un break pour retrouver de la motivation. »

Mais, entre nous, les athlètes de haut niveau sont les seuls concernés par des pressions psychologiques et des enjeux justifiant un break total !

 

Mais si l’on considère les risques liés à la coupure, il faut reconsidérer cet aspect.

D’après moi, quelques ajustements peuvent être apportés afin de répondre à ce besoin parfois exprimé par les coureurs.

Pause running

La pause du runner – © WavebreakMediaMicro

Quel entraînement running pendant l’été ?

 

Voici donc les adaptations que vous devez apporter à vos entraînements afin de garantir une continuité dans votre progression.

 

1- L’été, l’entraînement devra être différent du reste de la saison car c’est l’occasion de développer d’autres qualités et de poser les fondations de la saison à venir, avec notamment, un grand nombre de sortie en Endurance Fondamentale. De plus, il sera possible de jouer un peu sur votre volume d’entraînement pour que vous vous sentiez « en vacances ». Supprimez une séance sur quatre, par exemple.

>>> Pour aller plus loin, je vous renvoies vers l’article précédent intitulé « quel entraînement pendant l’été »

 

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2- Les vacances sont l’occasion de briser la monotonie et d’aller à la recherche de nouveau parcours et sites d’entraînement, ou de partir à la découverte des environs de votre lieu de villégiature. Le temps passe plus vite, et vous êtes moins tentés d’aller vite.

3- Une séance de running peut être remplacée par d’autres disciplines afin d’apporter de la variété. J’estime que 2 heures de vélo ou 3 heures de randonnée valent 1 heure de footing.

Ces activités dérivatives, qui doivent être à dominante aérobie, pourront à l’extrême constituer l’ensemble de vos activités, mais cela devra durer moins d’une quinzaine de jours.

 

En conclusion

 

Mon avis, c’est qu’il y a déjà suffisamment d’occasions de s’arrêter (blessures, maladies, impératifs familiaux ou professionnels) pour ne pas rajouter de coupure l’été venu.

 

Cependant, à la lumière de tous les arguments exposés, l’idée d’une coupure hivernale de 6 à 8 jours n’aurait-elle pas plus de sens ?

Le manque de lumière, le froid, les toxines emmagasinées durant les fêtes de noël sont autant d’éléments qui peuvent faire basculer vers le surentraînement si l’on n’y prend pas gare !

 

Nous aurons le temps d’y revenir le moment venu. En attendant bel été à tous et profitez un maximum !

Et n’hésitez pas à me laisser votre commentaire ci-dessous en me disant si vous aviez l’habitude de faire une coupure pendant l’été !

 

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