Bière et course a pied : le vrai du faux

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Vous connaissez mille histoires au sujet de la bière et de la course à pied. Il y a le grand Émile Zatopek, qui ne se privait pas d’en boire régulièrement après l’effort. Vous avez forcement un copain qui coure vite et qui pourtant n’est pas le dernier sur la « mousse », etc.

Moi aussi j’en connais. Un centbornard qui buvait une bière dans les 10 derniers kilomètres de course, ou un multiple champion de France vétéran qui passait autant de temps au café que sur le stade…

Toutes ces histoires ont nourri (ou abreuvé !) une légende urbaine qui dit que la bière est une boisson adaptée aux sportifs et à la récupération. Est-ce pour se donner bonne conscience ? Bière et course à pied : dénouons ensemble le vrai du faux.

Un fond de vérité

La bière, c’est fabriqué généralement avec du houblon et du malte de blé. La bière contient donc beaucoup de maltose, un sucre issu du malte. Et c’est ce maltose qui a construit sa réputation de boisson bonne pour la récupération. Car l’un des soucis du sportif après l’effort, c’est de reconstituer ses stocks de glycogènes afin de repartir plus vite à l’entraînement. Mais encore faut-il des glucides de qualité, et avec un index glycémique adapté.

C’est vrai que quand on analyse bien, on peut trouver d’autres éléments qui plaident en faveur de la santé des sportifs, comme la présence de vitamines du groupe B, et de minéraux comme le magnésium et le potassium.

Comme toujours, ça arrange bien de travestir la vérité pour se donner bonne conscience ! Car quand on cherche, on trouve toujours une molécule bénéfique dans un produit. Il y a même de bonnes choses dans le whisky, la viande rouge, ou le café, mais annihilé par d’autres composé néfastes voir toxiques.

La bière : une boisson hypercalorique

Revenons d’abord sur le maltose de notre bière. Il s’agit d’un sucre à index glycémique très élevé (IG de 110), même plus élevé que celui du sucre de table !

Compte tenu des quantités de maltose contenu dans une bière, on peut la comparer à un soda sur un plan calorique.

Et ce sont des calories vides qui vont contribuer à la formation de graisse abdominale… Mais admettons qu’en petite quantité, le maltose puisse participer à la récupération, il n’en est pas de même pour ses autres composants !

Du sucre pour récupérer, mais pas que…

Les composants principaux de la bière sont donc l’eau à 90%, le maltose donc, mais on oublie qu’ensuite vient l’alcool !

L’alcool est responsable de plusieurs effets indésirables pour le sportif, en premier lieu desquels on trouve la déshydratation. C’est parce que, d’une part, l’alcool inhibe la production de l’hormone ADH (la vasopressine, chargée de concentrer les urines).
Et d’autre part, le houblon, qui entre dans le brassage de la bière, est une plante extrêmement diurétique.

Plus on boit de bière, plus on se vide de notre eau, ce qui va à l’opposé de ce que l’on cherche à faire en récupération, c’est à dire reconstituer nos réserves en eau afin de faciliter les échanges cellulaires pour :

  • Accélérer l’évacuation des déchets
  • Accélérer la recharge métabolique (macro nutriments et micro nutriments)

Pour contrer cet effet déshydratant après une course, il faudrait conseiller de boire 1 litre d’eau avant de se jeter un « galopin » ! (si possible une eau minérale, ou minérale gazeuse)

Et pour ceux qui seraient tentés de se rabattre sur une bière sans alcool, il faut savoir que la teneur en sucres est encore plus élevée qu’une bière classique. Donc il ne s’agira pas de recharge en glucides, mais de surcharge ! Gare aux kilos !

Sachez également que s’il y a malte de blé, il y aura aussi gluten. C’est une protéine accusée d’avoir des effets néfastes sur la santé et la performance des sportifs. La molécule du gluten à un effet inflammatoire lorsqu’elle parvient à franchir la membrane intestinale, mettant en déséquilibre le système immunitaire. En conséquence sur le long terme, pour ceux qui sont sensibles ou intolérants, il y a un risque important d’infections, de troubles digestifs, d’allergies, de tendinopathies ou de troubles ostéo-articulaires.

Pour en savoir plus, je vous renvois pour ça vers le site d’Anthony Berthoux « Faut-il manger sans gluten ? »

Enfin, une fois ingérée, la bière aura pour effet de produire des quantités importantes de gaz carbonique (C02), qui aura pour effet de distendre l’estomac et les intestins, accentuant encore l’effet « ventre de bière », initié par la graisse abdominale accumulée.

N’en jetez plus !?
Et bien si, d’après le Docteur Jean-Pierre de Mondenard, la bière détruit la vitamine B1 (ou théamine) facteur-clef du métabolisme énergétique, elle affaiblit les facultés de coordination et diminue la capacité d’oxygénation des muscles !

Ça fait beaucoup d’ombres au tableau, sachant que nous n’avons pas encore parlé du houblon, et des désordres hormonaux qu’il ne manquera pas de provoquer sur l’organisme masculin et féminin.

Des hormones féminines dans la bière

En effet, le houblon renferme des phyto-oestrogènes, qui sont les précurseurs des oestrogènes. Et les oestrogènes sont des hormones féminisantes, agissant à l’inverse de la testostérone.

La bière pour un sportif : « Autant se tirer une balle dans le pied ! »

Dans les effets principaux des oestrogènes, on peut relever :

  • La gynécomastie (les seins qui poussent)
  • L’accumulation de graisse au niveau abdominal
  • La rétention d’eau
  • Une augmentation de la laxité ligamentaire
  • Une baisse du tonus musculaire et de la force
  • Troubles de l’humeur
  • Baisse de la libido, voire infertilité.

De plus, les oestrogènes entrent en concurrence avec la testostérone sanguine et fait augmenter la protéine SHBG qui les transporte. La proportion de testostérone libre (donc active) va diminuer. Et la balance va encore plus pencher du côté des hormones féminines.

Outres les effets sur la silhouette, la prise de poids, la baisse de force et la déshydratation auront des effets délétères sur la performance des hommes, et des femmes ! Car les femmes aussi ont aussi tout à gagner à produire moins d’oestrogènes.

Un dopage à l’envers

La nature ne nous a pas tous dotés des mêmes armes. La morphologie peut jouer bien sûr, et on n’y peut pas grand chose. Mais le climat hormonal dans lequel nous baignons tous les jours a aussi un retentissement majeur sur nos performances. Et ça, en revanche, est sous l’influence de notre mode de vie et notre alimentation. Dans un sens comme dans l’autre, on peut faire pencher la balance. Pour le sportif, il est judicieux d’éviter les perturbateurs endocriniens en général, et de ne consommer des produits riches en phyto-oestrogènes qu’occasionnellement, comme la bière ou les dérivés du soja. Au risque de faire baisser artificiellement ses performances : l’inverse du dopage donc !

 

Je ne terminerai pas cet article en vous disant de façon hypocrite « que la convivialité est aussi importante que le sport en lui-même » ou que « le coureur peut quand même se permettre ce petit plaisir bien mérité ». Et bien non, je ne vous le dis pas.

C’est une bière de temps en temps après une course, puis ça devient un rituel avec les amis, puis pourquoi pas après les entraînements tant qu’on y est ?? NON. Si l’aliment ou la boisson apporte plus de méfaits que de bienfaits, il ne faut pas la consommer, mais y trouver des substituts.

Un jus de fruits frais ou une citronnade maison sont cent fois meilleurs qu’une bière pour votre récupération, votre santé, et vos performances à long terme.

Et s’il vous arrive de déguster ponctuellement une bière (comme moi, je vous rassure), vous le ferez désormais en toute connaissance de cause ! Et de préférence en buvant 1 litre d’eau avant ^^

Si tu connais un adepte  » Bière et course à pied « , partage cet article avec lui ! Il te remerciera éternellement.

 

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