Maladie de Lyme et running

Running et maladie de Lyme

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Lyme : cette maladie qui guète les coureurs au coin du bois

Marc est un ami, un passionné d’athlétisme qui a maintenant à 87 ans. C’est un homme extraordinaire qui a eu plusieurs vies, et qui a côtoyé les plus grands athlètes du monde. Lors de l’été 2000, il a vu sa vie basculer. Laissez moi vous raconter son histoire. Son histoire qui pourra peut-être sauver la votre.

L’histoire de Marc

Sa carrière professionnelle, il l’a consacré à l’industrie agroalimentaire. En tant qu’ingénieur, il a séjourné dans de nombreux pays du monde pour monter des usines, dans les années 80 et 90. De fait, il a été un observateur privilégié de la vie quotidienne et de l’organisation du sport en Chine, en Afrique du Sud, et même derrière le rideau de fer, en pleine guerre froide !

C’est dans cette activité qu’il a pris conscience du mal que pouvait causer sur notre santé les produits alimentaires manufacturés.

Aussi, il est devenu au fil des années le chantre de l’alimentation biologique, et un conseillé diététique des plus pointus pour les sportifs. (Déjà dans les années 1990 il nous parlait de l’équilibre acido-basique, alors que certains veulent faire passer ça comme une découverte récente !)

Sa retraite, il la consacre ensuite à sa passion : la course à pied. Il est de tous les cross nationaux, de toutes les plus grandes courses sur route et tous les grands championnats d’athlétisme.

Il mène ses enquêtes auprès des champions, et il parvient parfois à mesurer leurs taux de graisse et leur PH salivaire avant le départ, pour prédire (souvent avec succès) qui sera devant à l’arrivée.

Et Marc n’est pas un beau parleur : il fait ce qu’il dit.

Gare à vous : si vous débarquez à l’improviste, vous aurez droit à un menu du genre « des crudités bio de son jardin, accompagné de graines germés, spiruline et pain de seigle ! »

Et ces habitudes alimentaires faisaient des merveilles. A presque de 70 ans, il courait encore une heure, plusieurs fois par semaine. (Oui, vous lisez bien !)

Le médecin ? Il n’en a pas vu pendant 40 ans. A tous les maux il trouvait des solutions en puisant dans la phytothérapie, la naturopathie, l’aromathérapie, la magnétothérapie, etc.

Puis un jour, c’est le drame !

Marc et sa femme partagent depuis toujours leurs vacances entre l’Allemagne et les Vosges. C’est dans la forêt Vosgienne, lors d’une randonnée, qu’il s’est fait mordre par une tique.

C’est tout petit, une tique. Mais ça mord, et ça reste accroché à votre peau aussi longtemps que possible pour se nourrir de votre sang.

Tiques, Lyme et running

Leurs endroits préférés sont l’aine, la ceinture, l’arrière de genoux, les aisselles ou le creux des chevilles, toujours bien à l’abri des regards.

Dans l’absolu, me direz-vous, une piqure de tique, ce n’est pas mortel. Une fois gavée de sang, l’animal se détache de lui-même.

Oui mais voilà : dans certaines régions d’Europe et de France, certaines tiques sont porteuses d’une maladie infectieuse appelé « borréliose de Lyme ».

Cette maladie n’est pas nouvelle. Elle porte son nom d’une ville du Connecticut (U.S.A.) dans laquelle elle a été décrite dans les années 1970. Mais l’homme des glaces «Otzi » en était déjà porteur il y a plus de 5000 ans, et tout porte à croire qu’elle existait il y a 300 millions d’année !!!

Cette bactérie, si elle est inoculée dans le corps humain, provoque de graves conséquences sur le système nerveux, et quelque soit l’âge du patient !

Elle provoquerait officiellement chaque année au moins 300.000 nouveaux cas aux États-Unis, et 80.000 cas en Europe ! Mais ce chiffre semble très sous estimé à cause de la difficultés à diagnostiquer cette maladie aux multiples symptômes. Pour le Professeur Christian PERONNE, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de Garches, Lyme ferait 1 million de malade chaque année, en Europe !

 

C’est cette « maladie de Lyme » qui a touché mon ami Marc. Il n’a malheureusement pas vu la tique le jour même, et elle a pu lui transmettre son « venin », comme il dit.

Car en effet, si la bactérie n’est présente au début que dans l’estomac de la tique, elle va migrer en 2 ou 3 jours via sa salive, et infecter ainsi son hôte.

Le nombre de cas est en rapide et constante augmentation, car le nombre de régions infestées par les tiques augmente sans discontinuer. Et si elle reste encore rare, la maladie de Lyme est en revanche dangereuse. Car si l’on dit LA maladie de Lyme, c’est en fait plusieurs pathologies graves, voir mortelles, que cette bactérie peut engendrer.

Les conséquences d’une morsure de tique

Pour mon ami, des répercutions lourdes sur son cœur ont bien détériorée sa santé. Des troubles du rythme cardiaque avec notamment d’importantes tachycardies ont imposé la pose d’un pacemaker. Et avec le temps, il n’y a pas eu d’amélioration notable. Aucun traitement n’est en mesure de le soigner cette forme de Lyme devenue chronique.

Plus de 800 symptômes

Pour d’autres, elle peut déclencher des scléroses en plaques, des paralysies, des méningites, des fatigues chroniques, des douleurs musculaires insupportables : il y a plus de 800 symptômes différents ! Lyme est d’ailleurs appelée « la grande imitatrice », ce qui complique la pose du diagnostique et entraîne les patients dans de dramatiques errances médicales, aboutissant parfois à des internements abusifs en psychiatrie, voir au suicide.

Voyons comment la maladie se développe chez le malade.

1- Dans les premiers jours de l’infection

Le signe le plus caractéristique du début de la maladie, c’est ce que les médecins appellent « l’érythème migrant », c’est à dire des taches rouges en forme de cocarde.

Ce signe n’est pas toujours visible, mais cela s’accompagne aussi généralement d’une petite fièvre, de maux de tête, de douleurs dans la zone de la piqure, et parfois de douleurs articulaires ou musculaire.

Puis en quelques semaines, ces symptôme disparaissent, mais pas la maladie…

Erythème migrant en coquarde

2- Dans les semaines qui suivent la morsure

Ce n’est que plusieurs semaines après la piqure que des pathologies plus invalidantes vont apparaître. La multitude de maladies qui peuvent se déclarer s’explique par la variété des organes sur lesquels la bactérie peut se loger.

Si le cœur est touché, il peut s’agir de tachycardies, ou de troubles de la conduction auriculo-ventriculaire.

Sur le cerveau, cela peut provoquer une méningite.

Le foie et les organes digestifs sont aussi susceptibles d’être la cible de la Borrelia, mais les muscles et les articulations peuvent aussi être touchés, avec la survenue d’arthrites, de polyarthrites rhumatoïdes.

Des lésions cutanées dans la zone de la piqure peuvent réapparaitre, avec dans certains cas une inflammation hyper douloureuse des nerfs de cette région.

Enfin, d’autres troubles neurologiques, comme la sclérose en plaques, une paraplégie, une paralysie faciale, ou le syndrome de Guillain-Barré peuvent être causés par la Borreliose.

3-Évolution tardive de la maladie de Lyme

Et si tout cela ne suffisait pas, il peut y avoir une recrudescence de inflammations articulaires et cutanées dans les mois ou les années qui suivent l’infection. Dans cette dernière phase, le cerveau et la moelle épinière sont souvent atteints de façon chronique par différents troubles neurologiques, cognitifs, voir psychiatriques.

Où risque t-on de rencontrer le plus de tiques ?

Si vous êtes un « urban runner », pas d’inquiétude : le risque de vous faire mordre par une tique en ville est aussi grand que celui de vous faire attaquer par un ours sur l’avenue des champs Élysées.

En revanche, les tiques vivent dans la nature, et particulièrement en forêt ou dans les herbes hautes et les fougères. Elles sont transportées et nourries par des animaux divers et variés tels que les cervidés, les chevaux, les serpents, les rongeurs ou les chiens.

Les adeptes des footings en sous-bois et les trailers sont donc plus exposés. Et l’exposition varie aussi en fonction votre région.

Pour la France, les Vosges, des Ardennes, la Sarthe, l’ile de France ou le pays Basque sont très touchés. Mais la maladie est présente dans tout l’hémisphère nord.

Carte maladie de Lyme

Voici une cartographie précise des zones à risque pour la France : (cliquez sur la carte)

Voici une cartographie précise des zones à risque pour la Belgique : (cliquez sur la carte)

 

A quelle période le risque est le plus grand ?

Les tiques prolifèrent dans les périodes chaudes et plutôt sèches. Il faut donc être vigilant d’avril à octobre.

Cependant, les périodes les plus propices pour se faire piquer semblent être le printemps et l’automne.

Prévention

Plusieurs moyens de prévention s’offrent à nous. Le premier cité est souvent le port de vêtements longs, mais l’été c’est difficilement applicable en running.

L’usage de répulsifs n’a qu’une efficacité limitée, et les applications doivent être répétées souvent.

Systématiser la chasse aux tiques après chaque sortie

Le moyen de plus efficace pour éviter de se faire contaminer, c’est d’enlever la tique dans les heures qui suivent la morsure.

Vous devez donc systématiser la chasse aux tiques après chaque sorties en campagne ou en foret. Le mieux est de se faire soigneusement inspecter par un tiers. Il est aussi recommandé de faire une seconde vérification le lendemain, la tique étant plus facilement repérable après un bon festin… Ce sont en effet les plus petits spécimens les plus dangereux car déjà pathogènes, mais difficilement repérables…

Action en cas de morsure d’une tique

Si toutefois vous n’avez pas pu éviter la rencontre avec « la bête », PAS DE PANIQUE. Vous avez quelques heures pour réagir et adopter le bon comportement.

A NE SURTOUT PAS FAIRE

  • Appliquer un produit pour la décrocher (Éther, alcool, crèmes)
  • Tenter de l’écraser
  • Essayer de la retirer à la main (la tête et le rostre vont rester dans la peau)

Toute agression ne fera qu’accélérer la régurgitation de la tique, et donc la transmission de la bactérie.

A FAIRE

  • Retirer la tique avec un tire-tiques, en la faisant tourner sur elle même pour la décrocher
  • Désinfecter la zone à l’alcool
  • Appliquer des huiles essentielles désinfectantes en local (comme le thym)
  • Être attentif à d’éventuels symptômes grippaux, et à l’apparition des rougeurs caractéristiques du « Lyme ».

 

A ce stade là, il y a peu de chance d’être contaminé. Si 50% des tiques sont porteuses de la Borrelia en Europe, le taux de transmission n’est en revanche « que » de 10%.

Dans les jours et les semaines qui suivent

La contamination d’un individu n’est en effet pas systématique. Elle est fonction du « terrain » de votre organisme, c’est à dire des armes que vous donnez à votre système immunitaire via l’alimentation.

Après un piqure de tique, dans l’attente de savoir si elle était contaminée, il est judicieux de prendre des compléments alimentaires pour booster l’immunité, comme l’argent colloïdal, le Chlorure de magnésium, ou un complexe « cuivre-or-argent ».

Si les premiers signes apparaissent

Malgré vos précautions, si vous constatez l’apparition de rougeurs, de douleurs ou de symptômes grippaux, il faut impérativement consulter. Le premier geste médical sera l’administration d’un traitement antibiotique.

Quand à l’utilisation d’un test biologique, sachez que le test Elisa n’est pas fiable, car il existe une trop grande variété de souches de la Borrelia, et qu’il est calibré pour éviter d’avoir trop de malades…. (le test Western Blot est plus fiable, mais n’est utilisé que si Elisa est positif ! Cherchez l’erreur)

De plus, les deux seront systématiquement négatifs s’ils sont fait dans les deux premiers mois qui suivent la piqure.

 

En parallèle du traitement médical, les spécialistes américains de Lyme conseillent donc d’adopter une alimentation irréprochable, riche en végétaux (crudités, fruits) et de rechercher les intolérances alimentaires qui fragiliserait l’immunité (blé, lait de vache).

Enfin, ils préconisent de détoxiquer l’organisme car les métaux lourds empêchent l’organisme de réagir contre la borrélie (le mercure de certains vaccins ou les « plombs » dentaires par exemple). Plus exactement, les métaux lourds aident la bactérie à s’enkyster dans les cellules. Elle peut ainsi rester en sommeil pendant des années, à l’abri des antibiotiques, et resurgir à intervalle régulier.

 

 

Il existe donc des solutions simples pour limiter les risques de contamination, encore faut-il les connaître. Depuis l’été 2016, les pouvoirs publics semblent avoir pris conscience de la situation, mais ils en minimisent encore l’ampleur, freinés sans doute par le coût que représenterait la réelle prise en charge de la maladie.

Or, minimiser le risque, voir même passer sous silence ce fléau, n’est pas la solution, car pendant ce temps là, les tiques et la maladie de Lyme gagnent du terrain, en toute tranquillité.

> Il est donc de notre responsabilité à tous de faire connaître cette maladie silencieuse, et de parler des comportements qui sauvent.

>> Alors partager cet article avec vos proches, et avec vos cercles de coureurs ! En particulier si vous fréquentez des zones à risques.

 


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