Running : faut-il tirer sur les bras ?

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Running : faut-il tirer sur les bras ?
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Vas-y, tire sur tes bras !

Qui n’a jamais entendu ça lors d’une compétition ? Pour ma part, sans doute des centaines de fois. Des profs d’EPS, des parents, des entraîneurs, qui, sur le bord des parcours, tentent d’aider leurs protégés à finir la course.

Mais cette consigne de « tirer sur les bras » ne serait finalement qu’un non sens…

Le rôle des bras en course à pied

Il est certain que le rôle des bras en course à pied est souvent négligé. D’une part, ils doivent être équilibrateurs. Car le mouvement des jambes provoque des rotations importantes du tronc, et donc de la ligne d’épaules. Si vous voulez vous en convaincre, courrez quelques centaines de mètres les mains dans le dos…. Vous vous rendrez compte que c’est la sangle abdominale qui travaille pour enrayer ces rotations.

C’est pour cela que lorsque que nous marchons ou lorsque nous courons, nous avons un mouvement naturel de balancier avec nos bras, qui vient en partie rétablir l’équilibre. Bien entendu, ce mouvement des bras doit être parfaitement synchronisé à l’inverse de la foulée. (bras gauche et jambe droite, puis bras droit et jambe gauche)

Ce que nous savons moins, c’est que les bras peuvent être également moteurs.

En effet, en jouant sur la longueur du levier (la distance entre la main et l’épaule) on va pouvoir donner le l’élan à tout notre corps.

– En pliant le coude lorsque la mains passe devant, on va diminuer le levier et donc réduire le recul de l’épaule.

– En dépliant le coude lorsque la main va vers l’arrière, on va augmenter le levier et donc augmenter l’avancée de l’épaule.

On voit sur cette image du sprinter Usain Bolt, que le levier est de 68 centimètres sur la partie postérieure du cycle de bras, et de seulement 24 centimètres sur la partie antérieure. Soit près du triple !

Action des bras en runningÉvidemment, moins on va vite, et moins l’amplitude du mouvement est marquée, mais c’est la même mécanique qu’il faut adopter.

C’est un peu technique, mais retenez que le bilan des forces vers l’avant sera alors positif ! Les bras sont donc moteurs, et nous permettent d’être plus efficaces ou plus économiques.

La coordination : un phénomène curieux

Et vos bras n’ont pas fini de vous étonner. Je vous disais que nous étions naturellement coordonnés pour avancer le bras opposé à la jambe que nous l’engageons vers l’avant. À tel point, que lorsque nous accélérons le mouvement bras, le rythme des jambes va également augmenter, comme par magie.

Ce phénomène pourra alors être utilisé à l’avantage du coureur, en fin de course, lorsque la fatigue se fera sentir. Les bras sont plus légers que les jambes, moins fatigables, et donc plus facilement mobilisables.

Et en se concentrant sur le rythme des bras, on peut alors entretenir la fréquence de la foulée, et limiter la perte de vitesse.

Et comment pouvez-vous augmenter la fréquence de vos bras ? Eh bien en diminuant légèrement l’amplitude du mouvement.

Alors, doit-on tirer sur les bras ?

Vous me voyez venir… Que va-t-il se passer si vous avez l’intention de tirer sur vos bras ? D’accentuer le mouvement des bras vers l’avant ? Et bien vous allez augmenter l’amplitude du mouvement, et donc diminuer la fréquence de votre cycle de bras.

Cette baisse de la fréquence du mouvement des bras va entraîner une baisse de la fréquence de votre foulée, et va accentuer votre perte de vitesse.

Sans compter que de tirer sur vos bras va aussi augmenter la crispation de tout le haut du corps, facteur lui aussi défavorable à la performance.

 

Alors la prochaine fois que vous entendez « tire sur tes bras », et bien n’en faites rien. Au contraire :  diminuez plutôt l’amplitude de votre mouvement de bras,  mettez un maximum de fréquence, et utilisez la mobilité de vos coudes !

Et comme d’habitude : si vous pensez que cet article peut aider un ami, alors partagez le 😉

 


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