Quels sont les secrets des kenyans ?

Les secrets des Kenyans et des Ethiopiens

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Comprendre la domination des coureurs de l’est

Dimanche dernier, le Kenya a trusté les médailles lors des championnats de monde de cross country, qui avaient lieu à Kampala, en Ouganda. Geoffrey Kamworo et Irène Cheptaï ont remporté les titres masculins et féminins. Mieux encore : sur les 6 médailles mises en jeux, 5 sont raflées par le Kenya, et la 6ème est remporté par le voisin Éthiopien. Soit 6 sur 6 pour l’Afrique de l’est.

Et dans quelques jours, lors du marathon de Paris, il y a fort à parier que la victoire sera encore à mettre à l’actif d’un Kényan ou d’un Éthiopien.

Je vous emmène en voyage

Comment expliquer ce phénomène sans tomber dans les clichés ? C’est ce que je m’apprête à explorer avec vous. Vous êtes prêts ? Je vous emmène en voyage, bien loin d’ici, au milieu du siècle dernier, afin de découvrir les secrets des kényans

Une histoire récente qui débute sur marathon

Jusqu’au début des années 60, il n’y a aucune trace des coureurs est-africains dans les palmarès de l’athlétisme mondial. Les stars, ce sont le finlandais Paavo Nurmi dans les années 20 (triple champion olympique sur 1500 mètres, 5000 mètres et cross en 1924 à Paris, et champion olympique du 10.000 mètres 4 ans plus tard à Amsterdam), puis le tchécoslovaque Émile Zatopek après la guerre (triple champion olympique sur 5.000 mètres, 10.000 mètres et marathon, en 1952 à Helsinki !).

Puis dans les années 60, tout change

Mais en, 1960, c’est le coup de tonnerre lors des jeux olympique de Rome. L’Ethiopien Abebe Bikila, le coureur aux pieds nus, remporte l’or olympique sur le marathon. Il récidivera à Tokyo en 1964. Puis en 1968 à Mexico, l’Éthiopie conserve sont titre grâce à Mamo Wolde. C’est alors le début d’une longue tradition qui va se répandre sur toute la vallée du rift.

Abebe Bikila au marathon de Rome (1960)

Abebe Bikila, pieds nus, aux J.O. de Rome (1960)

La domination Éthiopienne sur le 10.000 mètres

Toujours avec l’Éthiopie dans un premier temps, avec Miruts Yifter (champion olympique du 10 000 mètres à Moscou en 1980), puis la formidable hégémonie de deux monstres sacrés sur 5.000 mètres et 10.000 mètres. Hailé Gebreselassie, le premier, fut quatre fois champion du monde sur le 10.000 mètres, de 1993 à 1999, et deux fois champion olympique sur la même distance, à Atlanta (1996) et Sydney (2000), avant de se reconvertir sur le marathon.

Le second, Kenenisa Bekele, dépassa le maître. En 2003 à Paris, il ramena dans l’escarcelle Ethiopienne l’or mondial du 10.000 laissé en 2001 au kenyan Charles Kamathi (l’Éthiopie terminant 2 et 3ème). Et il s’attribua le même métal en 2005 et 2007. A Berlin en 2009, c’est même le doublé 5.000 – 10.000 mètres qu’il réalise, portant à 5 son nombre de titres mondiaux sur la piste.

L’or olympique, il le remportera 3 fois : sur 10.000 mètres en 2004 à Athènes, puis sur 5.000 et 10.000 en 2008, à Pékin.

Leurs seuls challengers à l’époque ? Ce sont les kényans, qui émergèrent sur 10.000 mètres dès 1968 avec le titre olympique de Naftali Temu. Ils remporteront ensuite le bronze olympique en 1984 et 1988, puis par deux fois l’argent olympique : en 1992 avec Richard Chelimo et en 2000 avec Paul Tergat.

Et si en 2012 et 2016, l’or olympique du 10.000 à échappé à l’Éthiopie et au Kenya, c’est au profit de Mohammed Farah, le britannique d’origine somalienne !

Sur 5000 mètres la domination kényane est moins flagrante, mais il faut citer John Ngugi, le champion du monde 1988,

L’hégémonie africaine sur le cross country

Ce même John Ngugi fut aussi 5 fois champion du monde de cross en 1986, 1987, 1988, 1989 et 1992. Et dans l’histoire du cross moderne, il n’eus d’égal que deux hommes.

Paul Tergat, un autre kényan, le champion du monde 1995, 1996, 1997, 1998 et 1999. Et bien sûr l’incontournable Éthiopien Kenenisa Bekele, détenteur de 6 titres mondiaux sur cross long, plus 5 titres sur le cross court !!!

Depuis 1988, ce sont 24 titres en 28 éditions qui ont été trustés par des coureurs natifs de la vallée du rift. (2 titres ont été remportés par le marocain Kalid Skah, et 2 par un belge d’origine marocaine, rattrapé depuis par la patrouille anti-dopage).

L’omniprésence des kenyans du 800 mètres au 3000 steeple

Et bien entendu, l’hégémonie kenyane ne s’arrête pas au cross et au « 10.000 ». Sur la piste aussi, leurs palmarès en demi-fond sont impressionnants.

  • Kip Keino, le précurseur, qui fut champion olympique du 1500 m en 1968 et du 3000 steeple en 1972.
  • Moses Kiptanui, triple champion du monde du 3000 m steeple en 1991, 93 et 95.
  • Wilson Kipketer, recordman du monde et triple champion du monde du 800 m en 1995, 97 et 99.
  • David Rudicha, l’actuel recordman du monde du 800, et double champion olympique du 800 m en 2012 à Londres et en 2016 à Rio.
Kipchoge Keino sur 3000 mètres steeple

Kipchoge Keino

Main basse sur le marathon

Alors quid du marathon ? Suite aux 3 titres de Bikila (60-64) et de Wolde (68), il y a eu un long flottement dans les années 70-80-90. Sur le marathon olympique, la victoire est revenue deux fois à l’Allemagne de l’est en 76 et 80 (RDA, grand pays de marathon comme tout le monde le sait…), au Portugal (84), à l’Italie (88), à la Coré (92), et à l’Afrique du Sud (96).

Il se disait alors que les africains de l’est n’étaient pas fait pour cette épreuve mythique, trop impulsifs.

Pourtant le Kenya commençait à pointer son nez avec quelques médailles sur marathon: l’argent en 88 avec Douglas Wakiihuri, et de bronze en 1996 avec Eric Wainaina.

Mais depuis depuis 2000 la domination de l’Afrique de l’est n’a été contestée qu’une fois en 2004 lors de la victoire de l’italien Stephano Baldini (cherchez l’erreur…). A part cela, le règne est sans partage. Jugez plutôt :

  • 2000 : Gezahegne Abera (ETH)
  • 2004 : Stefano Baldini (ITA)
  • 2008 : Samuel Wanjiru (KEN)
  • 2012 : Stephen Kiprotich (UGA)
  • 2016 : Eliud Kipchoge (KEN)

Depuis le début du 21ème siècle, ce sont même 11 des 15 médailles olympiques sur marathon qui sont africaines !

A noter que Stephen Kiprotich (champion Olympique 2012) vient d’Ouganda, pays frontaliers du Kenya. Et cela confirme l’émergence des plus petites nations, situées elles aussi sur la vallée du rift, à l’image de l’Érythrée, voisin de l’Éthiopie, et de Zersenay Tadesse, champion du monde de cross country en 2007 (au Kenya !), et médaillé mondial et olympique sur 10.000 mètres.

Des médailles et des perfs

On a parlé jusque-là des marathons en grands championnats. Le bilan est-il identique si l’on parle des performances brutes ?

Et bien oui. Dans les 30 meilleurs performeurs mondiaux de tous les temps, nous retrouvons 15 Kenyans, et 15 Éthiopiens. La messe est dite. (source www.all-athletics.com)

Top 50 sur marathon

Du côté des femmes

Pour être complet, il faut aussi analyser les performances des femmes. Si leur avènement sur les podiums mondiaux et plus tardif, elles ne sont pas en reste pour autant. Et la liste est déjà longue comme la jambe.

Pour l’Éthiopie, les athlètes les plus célèbres sont Derartu Tulu (championne olympique du 10.000 mètres à Barcelone en 1992 et à Sydney en 2000), Fatuma Roba la championne olympique du marathon à Atlanta en 1992, et plus récemment Tirunesh Dibaba, double championne olympique sur 5000 et 10.000 mètres à Pekin en 2008, et de nouveau championne olympique du 10.000 à Londres en 2012.

Et on passe sur de beaux palmarès comme ceux de Meseret Defar, Genzebe Dibaba ou Almaz Ayana.

Pour leurs voisines Kényanes, le constat est le même : les titres olympiques s’empilent depuis 2008 !

Si le premier titre de championne olympique d’une Kényane est remporté sur 800 mètres par Pamela Jelimo, d’autres titres ont rapidement suivis sur des distances plus longues.

Isabella Ochichi est vice championne olympique du 5000 mètres à Athènes en 2004, puis à Rio en 2016, c’est le festival :

Faith Kipyegon est championne olympique sur 1500 mètres, Vivian Cheruiyot remporte le titre olympique du 5000 mètres, et surtout Jemima Sumgong devient la première championne olympique kenyane sur le marathon !

Les véritables secrets des coureurs des hauts plateaux

Que la quasi-totalité de ces athlètes soient originaires de la même région du monde (la grande vallée du rift et la région des grands lacs) est en soi un fait unique et extraordinaire. Mais ont-ils autre chose en commun ?

La vallée du grand rift africain

La vallée du grand rift africain

Un peu, oui ! Si ils ne sont pas frères ou cousins, ils sont en principe issus des mêmes ethnies, et voir des mêmes villages.

Pour les athlètes kenyans, près des trois quarts des sélectionnés dans l’équipe nationale sont issues de l’ethnie des « Nandis », un sous groupe des « Kalenjis ».

Pour l’Éthiopie, la grande majorité des sélectionnés olympiques sont originaires de la province d’Arsi (Région des Oromos), d’où Hailé Gebreselassie est notamment issu.

Jugez plutôt ? Ces 6 athlètes sont nés dans la ville de Bekoji :

  • Derartu Tulu
  • Kenenisa Bekele
  • Mestawet Tufa
  • Tirunesh Dibaba
  • Tariku Bekele
  • Genzebe Dibaba

Alors qu’est ce qui peut expliquer cette domination ? Il doit forcement y avoir une mutation génétique à la base des adaptations qui font de ces coureurs des êtres d’exception ? C’est en tous cas la première idée qui vient en tête…

Pas d’avantage génétique

Certes il existe un gêne de l’endurance : le gêne ACE. Mais tous les marathoniens de niveau mondial n’en sont pas porteurs, et surtout il est présent chez toutes les populations du monde. Fausse piste donc.

La vie en altitude a t-elle entraînée une mutation particulière ? Là encore la réponse est NON. Dans le monde, seuls les tibétains sont porteur d’une mutation génétique améliorant leur adaptation à l’altitude (le gène EGLN1).

On peut tout au plus supposer que l’adaptation à la chaleur au fil des siècles ait permis d’améliorer favorablement certains paramètres physiologiques, comme une plus faible production de chaleur par les muscles et une thermolyse améliorée. A la chaleur s’ajoute un accès difficile à la nourriture, ce qui aurait favorisé les gabarits légers, plus économes en énergie. (Car moins on est épais, mieux on évacue la chaleur)

Mais le secret n’est pas là. Car des petits coureurs, ou des coureurs grands et longilignes, il y en a sur toute la planète.

Certains se hasardent enfin à penser que ces peuples auraient été épargnés par les grandes épidémies dont les européens ont été victimes au moyen âge, protégeant ainsi leur patrimoine génétique. Je suis plus que septique sur cette théorie.

En fait, il faut arrêter de chercher un seul facteur que l’on pourrait pointer du doigt, mais une multitude. Leur réussite est multifactorielle, comme on dit.

ENVIRONNEMENT

Pendant longtemps, on a cru que le simple fait de vivre en haute altitude pouvait leur conférer un avantage déterminant.

En effet, ELDORET (Kenya), la ville de Noah Ngeny et de Kip Keino, est située à 2100 mètres d’altitude.

Le célèbre camp d’entraînement d’ITEN au Kenya est lui à 2400 mètres d’altitude, à peu de choses près comme la capital Ethiopienne, Addis-Abeba, est elle à 2500 mètres.

Enfin, Bek’oji, la ville natale de Kenenisa Bekele est perchée à 3000 m au dessus du niveau de la mer.

Les globules rouges ? Un avantage éphémère.

Pourtant, des études ont montrées qu’il n’y avait pas de différence notable dans la VO2max ou les capacités pulmonaires des coureurs des hauts plateaux.

Ils ont la chance de vivre et de s’entraîner en altitude, ce qui leur permet d’avoir un plus grand nombre de globule rouge, chargés de transporter l’oxygène vers les muscles. Mais comme nous, ils perdent cet avantage s’ils restent longtemps en plaine. Leur taux d’hématocrite retrouve alors leur niveau fixé par la génétique. Le même niveau que vous et moi.

Les mêmes globules du vous et moi

Cependant, ils en tirent un meilleur rendement dans utilisation de l’oxygène, à force d’en être privé. Pour moi, il ne faut pas prendre à la légère ces adaptations « périphériques » dues à l’hypoxie (la raréfaction de l’oxygène). Comme l’entraînement peut le faire, cela améliore nettement la circulation sanguine et la capillarisation, améliore durablement le fonctionnement cardio-pulmonaire et cardio-circulatoire dans son ensemble.

La malbouffe ? Connais pas…

Toujours dans le volet de l’environnement, il y a un deuxième point qui est déterminant : l’alimentation !

Il est indéniable que leur alimentation est beaucoup plus saine par rapport à celle que l’on trouve en occident. Elle est infiniment moins industrielle, beaucoup moins calorique, moins polluée par l’agriculture extensive. Le fonctionnement de l’organisme ne s’en porte que mieux, et au fil des générations. Et cet avantage se double d’une conséquence favorable : leur taux de masse grasse est en moyenne bien plus faible qu’en occident. Pratique, quand on sait que le poids est l’ennemie numéro 1 du coureur !

Une biomécanique favorable

Pour terminer le paragraphe « environnement », il faut évoquer leur héritage des chasseurs cueilleurs. Cet épisode est encore très récent dans l’histoire de la vallée du rift. Et d’après les anthropologues, cela leur a donné des os plus fins, et un bassin plus étroit (donc plus léger !).

Et ce n’est pas tout ! Le danois Bengt Saltin a déterminé que les kenyans avaient des mollets beaucoup plus petits que la moyenne. Plus petits, et situés plus haut vers le genou. D’un point de vue biomécanique, cela permet de diminuer les efforts nécessaires au mouvement des segments, et donc d’améliorer la fameuse économie de course.

Ajoutez à cela qu’il sont encore la plupart du temps sans chaussures. Naturellement, ils sont donc en appuis sur la plante de pied, ce qui est à la fois plus efficace et plus économique. Ils font du minimalisme sans le savoir !

LE MODE DE VIE

A l’image du siècle dernier en Europe, la vie dans la vallée du Rift est plus active que la notre. Les enfants jouent et courent tout le temps. Malheureusement ils doivent travailler parfois. Mais quand ils ont la chance d’avoir accès à l’éducation, la distance pour aller et revenir de l’école se chiffres en kilomètres (10 à 15 dans la journée pour certains !).

D’après les scientifiques, la VO2 max des enfants kenyans des campagnes est donc en moyenne 17% plus élevée que celle des enfants kenyans vivants dans les villes !

On tient là un facteur de la plus haute importance, qui doit nous faire réfléchir sur l’état de notre jeunesse…

LA CULTURE

Pour compéter le tableau, il faut ajouter la culture à l’environnement et au mode vie.

La façon dont un pays valorise ses sportifs a un effet sur les vocations. Et plus la masse des pratiquants est importante, plus les chances de faire éclore des champions est grande.

> Au Kenya s’ajoute l’héritage des infrastructures sportives laissées par les Britanniques, lorsqu’ils colonisaient le pays. Et ils y ont laissé aussi leur culture de la gagne ! Dans l’école d’Iten, les champions s’affichent sur les murs, et seule la victoire est valorisée par le public kényan.

Le système scolaire est aussi tout orienté vers la compétition, l’objectif étant de représenter au mieux son école dans le pays.

> Du côté de l’Éthiopie, c’est plutôt l’héritage communisme qui a laissé des traces. La détection se fait toujours à la mode de l’Europe de l’est.

Les aides de l’état accompagnent les meilleurs, et les instances assurent un bon encadrement et un bon suivi des athlètes.

Mais comme pour le Kenya, le running n’est devenu culturel que depuis l’avènement d’Abebe Bikila.

> Pour les deux pays, où l’un des objectifs est d’échapper à la pauvreté, la course à pied est l’ascenseur social par excellence, au même titre que l’armé. Et ce phénomène est accentué par le peu de concurrence des autres sports.

LA POLITIQUE

Alors vu tous les arguments avancés jusque là, on peut se demander pourquoi des pays du grand rift comme l’Ouganda, le sud Soudan ou la Somalie (hormis Mo Fara, expatrié) n’ont ils pas fourni plus de champions ?

Et bien c’est une combinaison de manque de volonté politique des gouvernements et des troubles sociaux que ces pays connaissent.

L’Éthiopie et le Kenya ont eux pris conscience dans les années 60 de leur potentiel, et ils en ont fait un outil de propagande. Ou on les y a aidé, plus exactement, à l’image de Mal Whitfield, coureur afro-américain de l’après-guerre, missionné dans les années 60 pour développer l’athlétisme au Kenya, alors sous-protectorat britannique.

 

Ce que je veux montrer ici, c’est qu’il faut sortir des arguments simplistes quand on veut expliquer le succès des athlètes de l’Afrique de l’est. Analyser des éléments isolés ne permet pas de comprendre le phénomène. « Il y a des pauvres partout dans tous les pays du monde. Mais tous ces pays n’ont pas de champions », comme le résume parfaitement Kenenisa Bekele.

Les facteurs sont donc multiples, et la Vallée du Rift semble combiner tous les facteurs favorables qui ont façonné au fil des millénaires des hommes taillés pour la course : haute altitude, chaleur, nécessité de se déplacer à pied, accès limité aux ressources alimentaires. Et plus récemment, le besoin de se sortir de la pauvreté, et la politique des ces états, ont permis l’éclosion de ces générations d’athlètes talentueux.

Mais ce constat ne nous est pas très utile si nous en restons là ! Vous faites partie des coureurs qui se bougent, et une question vous brulent tous les lèvres…

Comment hacker leurs secrets et s’inspirer de leurs succès ?? Et bien c’est justement la question à laquelle je vais tenter de répondre dans l’épisode 2 😉

 

En attendant, partagez ce billet si vous penser qu’il peut intéresser quelqu’un, et savourez cette vidéo qui nous replonge avec délice dans les années 60 :

Abebe Bikila – le marathonien aux pieds nus from CESBRON SYLVAIN on Vimeo.


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