Ce que vous ignorez sur le dopage… et que vous feriez mieux de savoir !

Tout savoir sur le dopage

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Depuis des décennies, le dopage est un fléau dans l’athlétisme et la course à pied. Comme dans tous les sports d’ailleurs. La liste des demi-fondeurs, fondeurs et traileurs interceptés par la patrouille est longue, y compris chez les français. Cela touche toutes les catégories de coureurs. En effet, les femmes sont aussi concernées que les hommes. Et ne croyez pas que l’élite est la seule concernée ! A la lecture des comptes rendus de la commission anti-dopage de la Fédération Française d’Athlétisme, on trouve couramment des noms d’anonymes, qui pensaient passer à travers les mailles du filet. 

En tant qu’entraîneur, ce sujet m’intéresse car on est en première ligne dans la prévention du dopage avec nos jeunes athlètes. Mais si je veux vous en parler aujourd’hui, c’est pour une autre raison. C’est parce qu’avec les conneries que l’on peut lire sur certains sites internet, certains forums ou groupes Facebook, je me dis qu’on n’arrivera pas à éduquer nos enfants tant qu’on sera à un tel niveau d’ignorance et de désinformation sur le sujet.

Donc voyons ensemble ce qu’est le dopage, qui peut être soumis à un contrôle, et comment chacun peut œuvrer pour lutter contre ces pratiques déviantes.

Petite histoire du dopage

Je n’ai pas l’intention de faire 2 pages sur l’histoire du dopage. Principalement car cela n’apportera pas grand chose au débat. Pour cela, allez lire le livre de Patrick LAURE : « Histoire du dopage et des conduites dopantes ».

Oui, le dopage existe depuis l’antiquité. Et non, ce n’est pas une excuse pour que cela soit considéré comme une fatalité. Surtout qu’on était très loin des méthodes actuelles ! A part mâcher des feuilles de cola, ou manger du gingembre, c’était assez limité.

Le dopage est donc un fléau moderne, qui a explosé avec les progrès de la science et de la médecine. Et ce n’est pas en philosophant sur les travers de l’être humain, sur les responsabilités d’une société qui réclamerait toujours plus de record et de spectacle, que la situation évoluera.

Qu’est ce que (réellement) le dopage ?

Il est en préambule très important de poser la définition du dopage, car sinon ça dérape rapidement. Doit on considérer que manger des pâtes la veille du marathon est une pratique qui vise à améliorer les performances ? Et à l’opposé, doit on considérer comme normal de consommer des antalgiques pour finir une course malgré la douleur ?

Alors, pour la commission médicale du Comité International Olympique (CIO), la définition du dopage c’est  « l’utilisation de substances ou de procédés ayant la propriété de modifier artificiellement la capacité de l’organisme ou de masquer l’usage de substances ou procédés ayant cette propriété ». Et ces substances sont inscrites sur une liste des produits interdits, mise à jour chaque année (voir plus bas dans l’article).

Et le dopage est un problème contre lequel il faut lutter, car il pose 3 problèmes :

  • L’équité des compétitions, car la tricherie va à l’encontre des valeurs du sport.
  • Les risques pour la santé des sportifs (on met ses enfant au sport pour leur santé et pour les épanouir, pas pour les retrouver morts ou toxico.
  • L’atteinte même des valeurs du sport (valeur travail, courage, effort, patience, respect des adversaires, de son propre corps, tolérance, honnêteté, solidarité, coopération, etc.)

Il y a des nuances dans le dopage

Maintenant qu’on s’est mis d’accord sur la définition du dopage, j’aimerai distinguer 2 cas de figure, avec l’utilisation de termes différents.  Il y a selon moi une différence importante entre le dopage volontaire, pris délibérément dans le but de tricher, et le dopage accidentel, suite à l’absorption de substances interdites par méconnaissance.
C’est ce qui explique que les sanctions vont de quelques mois de suspension, à 4 ans de suspension.

Cependant, qu’un contrôle positif soit induit par un acte volontaire ou involontaire, la punition reste souvent lourde, avec des conséquences sur votre image, celle de votre entourage, de votre club, de votre entraîneur, de vos partenaires d’entraînement. Il y a donc tout intérêt à connaître les situations à risque, afin de les éviter !

Quels sont les produits qui peuvent induire un contrôle anti-dopage positif ?

En effet, les substances pouvant induire un contrôle positif sont très nombreuses. La liste des produits interdits par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) est publiée tous les ans : Liste des interdictions.

Et vous allez y retrouver des médicaments relativement répandus et consommés par « Monsieur et Madame tout le monde », comme la Ventoline ou le Salbutamol (contre l’asthme), le Celestène (anti-inflammatoire donné parfois aux enfants), Humex Rhume, Solupred, Rhumagrip, les hormones comme l’insuline, les corticoïde en général, liste à laquelle on doit ajouter les cannabinoïdes (le cannabis !) l’héroïne ou la Cocaïne.

Si vous prenez un traitement médical qui contient une ou des substances présentes sur la liste des produits interdits, vous devez alors demander une Autorisation à Usage Thérapeutique (AUT) auprès de l’AFLD. (Ne rêvez pas :  ça ne marche pas pour le cannabis !)

Si cette procédure assez contraignante, elle n’est cependant pas nécessaire pour les médicaments à usage externe, comme les pommades contenant des corticoïdes, ou les collyres pour les yeux. Vous devrez cependant veillez à deux choses :

  • Avoir toujours dans votre sac l’ordonnance de ce produit
  • Signaler l’usage de ce médicament en cas de contrôle lors d’une course

Cas particulier de la Ventoline
Si vous êtes certains de prendre au maximum 8 inhalations de Ventoline par jour, l’ordonnance avec vous et le signalement au médecin préleveur suffira. En revanche, si vous dépassez les 8 inhalations par jour, vous devez impérativement faire une demande d’A.U.T. !

Que dit la loi sur le contrôle anti-dopage ?

Tous les coureurs ne sont pas logés à la même enseigne face à la possibilité d’être soumis à un contrôle anti-dopage. Cela dépend principalement du niveau sportif.

Contrôle anti-dopage en compétition

Pour commencer, se faire contrôler lors d’une compétition est le cas le plus courant. Car saviez-vous que tout le monde pouvait subir un contrôle anti-dopage sur une compétition ? Tous les coureurs, licenciés, non licencié, hommes, femmes, jeunes ou vétérans ! Être licencié n’est donc pas une condition nécessaire pour se faire contrôler, ni finir la course aux avants postes, d’ailleurs. C’est l’instance qui va diligenter le contrôle qui décidera s’il cible :

  • une ou des personnes en particuliers, sur des présomptions fortes
  • un classement prédéfini (les 2 premiers hommes et 2 premières femmes)
  • des places « scratch » tirées au sort (le 120ème, 260ème et le 540ème)
  • les premiers de catégories  d’âges
  • ou un mélange de tout ça !

Contrôle anti-dopage à l’entraînement

En dehors des compétitions, le coureur « lambda » n’a rien à craindre ! C’est là que réside la différence entre les athlètes de l’élite et les amateurs. Car à partir du moment ou un sportif est inscrit sur les listes de Haut Niveau du ministère des sports, il est soumis à géolocalisation via le système ADAMS (Anti-Doping Administration & Management System), et peut donc se voir « invité » à se soumettre à un contrôle inopiné, à tout moment de l’année. Le but de trouver des produits anabolisants, des stimulants ou de l’EPO, produits utilisés par les tricheurs lors de la préparation, mais qui auront disparus le « jour J » si l’on se contente d’un contrôle lors de la compétition.

Condamné pour dopage sans être positif au contrôle ?

Pour votre culture, sachez encore qu’il n’y a pas besoin de vous faire contrôler positif pour vous faire suspendre pour dopage !

En effet, outre les produits et médicaments interdits, il y a aussi des méthodes qui sont interdites, comme les transfusions sanguines pour augmenter le volume sanguins et donc l’oxygénation des muscles, les perfusions, ou encore l’utilisation de produits actuellement indétectables. Mais la police peut toujours confondre les contrevenants suite à des enquêtes ou des délations.

Sans compter que le commerce de produits dopants, leur distribution, ou l’incitation au dopage expose également à de très lourdes sanctions sportives, administratives et pénales.

Il faut lutter contre les conduites dopantes

Alors comme le Doliprane ou le Dafalgan ne sont pas sur la liste des produits interdit, on peut y aller !?

Oui et non. C’est à vous de voir. Pour moi, il s’agit clairement d’une pratique dopante, appelée également conduite dopante. C’est à dire que le produit n’est pas interdit, mais que le geste pose question.

-d’une part parce que si le coureur est malade, blessé, que fait-il sur une épreuve sportive ?

-d’autre part parce qu’il est prouvé qu’une conduite dopante conduit inéluctablement au dopage pur et dur, un jour ou l’autre.  On passe à un médicament plus actif, puis le mode d’administration change (de local à oral, puis pourquoi pas en injection), la pratique se banalise, et le dernier pas se franchi sans même que l’athlète n’ait conscience de tricher. Les stratégies mentales sont alors bien rôdées : « tout le monde le fait », « c’est la difficulté de l’épreuve qui l’impose »,

Certaines bien plus graves à mes yeux qu’un dopage accidentel. Un trailer qui se médicamente au doliprane pour lutter contre la douleur ou qui prend de la Ventoline « en prévention » à chaque course est plus dopé dans sa démarche qu’un jeune qui se fait contrôlé positif au cannabis (même si je ne cautionne pas et que cela ne l’excuse en rien).

Et quelques soient nos avis sur la question, il est clair que la lutte contre le dopage doit se faire bien en amont, et à tous les niveaux.

La société est dopée

Comment lutter ensemble contre le dopage ?

La société est hautement médicamentée, et le reflexe pour tout type de trouble physique ou psychique est de chercher « une béquille » dans la pharmacopée moderne. La maman qui ne dort pas, le papa qui a mal au dos, le chirurgien qui travaille trop, l’étudiant qui veut travailler plus… Pas étonnant que la pratique sportive soit autant touchée ! Il faut donc s’y attaquer à tous les étages de la société :

  • Dans le cadre familial, où on doit éviter se médicamenter en faisant de la prévention, et en évitant le geste de l’auto médication.
  • Dans le milieu étudiant puis professionnel, ou il faut comprendre que se doper, c’est aussi tricher vis à vis des autres. Et pourquoi pas des contrôles au boulot ?
  • Dans l’environnement du sportif, en surveillant les discours qui peuvent être tenus à nos enfants par les dirigeants qui gravitent autour du club, et en communiquant avec eux sur ce sujet.
  • Dans le groupe d’entraînement, en mettant en avant les valeurs travail, patience, goût de l’effort et du progrès, avant la performance absolue. Il faut sans cesse mettre en perspective le niveau de performance avec l’avenir que cela peut offrir à l’athlète.
  • Dans le milieu scolaire et institutionnel, en parlant peut-être moins des conséquences sur la santé (ce qui n’a aucun effet dissuasif chez les jeunes), mais aussi et surtout d’éthique, de triche, et d’image qu’ils renvoient aux autres.

Mais une chose semble certaine : avoir d’autres perspectives et d’autres sources d’épanouissement à côté du sport est un pilier important dans la prévention du dopage (notion de double projet). Et avoir les idées claires sur ce que l’on peut prendre ou ne pas prendre est un autre pilier incontournable.

Un exemple de démarche saine

Alors, pour éviter de tomber dans une conduite dopante, j’ai toujours suivi et prôné une règle simple qui me permet, au quotidien, de répondre à tous les cas de figures qui se présentent

  1. Je peux consommer des aliments, compléments, plantes ou éléments naturels, bruts, non transformés chimiquement, non synthétisés.

Cela comprend ce que l’on qualifie de « super aliments » comme la spiruline, le germe de blé, les épices, le pollen, le ginseng, les baies de goji, les graines de chia, etc.

  • J’exclu d’office tous compléments synthétiques, les complexes multivitaminés, et l’usage de médicaments même les plus anodins.

Par exemple, on oublie donc au quotidien les ACM20, acides aminés, protéines, BEROCCA, JUVAMINE, DOLIPRANE, EFFERALGAN, et tout ce qui sort de la pharmacie !

  • J’ai recours à l’homéopathie pour la prévention et le traitement des affections bénignes (sur les conseils d’un professionnel de santé)

« Si on est malade, on ne se présente pas à la compétition »

Malgré tout, il se peut que vous tombiez malade de temps en temps. Le médecin se chargera, le cas échéant, de prescrire des médicaments pour régler une carence, soigner une maladie ou une pathologie. Et là encore, le sportif doit faire preuve d’une grande vigilance.

Attention : revérifiez toujours derrière votre médecin !

Pour cela, lors d’une consultation chez le médecin, le dentiste, l’ophtalmologiste ou autres, faites toujours savoir que vous faites du sport en compétition et que vous êtes susceptibles de subir un contrôle anti-dopage.

L’AFLD indique d’ailleurs sur son site depuis peu que « chaque sportif est responsable de la prise des substances détectées dans ses échantillons d’urine ou de sang. Une violation des règles peut être constatée même si le sportif n’a pas agi intentionnellement »

Et malgré cela, ne faites ni confiance à votre médecin, ni à votre pharmacien en terme de substances pouvant entraîner un contrôle anti-dopage positif ! C’est de votre responsabilité, et uniquement de la votre.

Donc, avant de consommer un médicament, même si un professionnel de santé vous a assuré que votre médicament n’était pas sur la liste, vous avez le devoir de le vérifier sur le site de l’AFLD, grâce à la fenêtre de recherche présente à droite de la page d’accueil, ou sur ce moteur de recherche des médicaments interdits :

Le saviez-vous ?
Lors d’une intervention, surtout si c’est en urgence, un praticien de santé (médecin, dentiste, etc.) peut avoir à faire une injection contenant potentiellement des substances prohibée. Et sans pour autant vous en avoir informé ou vous avoir donné le nom du médicament. Soyez donc également vigilant(e) dans des cas là !

Pour conclure, je dirai que le sport est un cadeau que l’on fait à son corps et à son esprit. Il fait grandir l’individu, développe la confiance en soit, maintient en bonne santé. Respecter son corps, c’est en prendre soin ou le mettre au repos quand les signes de surmenage apparaissent.

Le dopage ou la conduite dopante va à l’encontre de ce pourquoi on pratique le sport. Se dire que qu’une réussite sportive est due à un médicament est terrible pour l’individu, son estime de soi. Et comment s’en passer ensuite ? Le dopage est donc une aliénation incompatible avec le fait de devenir une femme ou un homme heureux.

Pour aller plus loin :

https://www.wada-ama.org/sites/default/files/wada_2019_french_prohibited_list.pdf

https://www.afld.fr/

https://www.afld.fr/wp-content/uploads/2019/01/Liste-des-interdictions-2019.pdf

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01153945/document

Recherches utilisées pour trouver cet articlehttps://courir-comme-un-pro fr/ce-que-vous-ignorez-sur-le-dopage/ le dopage expliqué aux enfants acm20 dopage dopage en courses a pied dopage running dopant course à pied

2 Replies to “Ce que vous ignorez sur le dopage… et que vous feriez mieux de savoir !

  1. Bonjour Sylvain, merci pour cet article intéressant ! Je découvre que les contrôles peuvent être menés sur des sportifs lambda presque au hasard lors d’une épreuve. Je pensais que seuls les « premiers » avaient droit à ce petit cadeau. Même si je ne crains pas grand chose vu ma consommation de médicaments, c’est intéressant de le savoir. As-tu une idée (ou des études) sur la proportion de sportifs qui seraient dopés sur des épreuves type marathon ?

    1. Bonjour Elodie,
      Merci ! Suivant les études, entre 10 et 25% des coureurs prennent des AINS ou antalgiques sur les courses du type marathon ou trails (sur déclarations des coureurs eux-même). On est donc simplement dans une conduite dopante, avouable.
      Donner des chiffres de réel dopage serait hasardeux, car seule une infime partie se fait prendre. Certains évoquent le chiffre de 5%, ce qui fait beaucoup de tricheurs !

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