Trail des Passerelles [Survivrons-nous ? Épisode 11]

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Trail des Passerelles [Survivrons-nous ? Épisode 11]
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Voici la suite de notre défi : marquer encore 85 points pour avoir le droit de nous aligner au départ de la Diagonale des Fous, en octobre. C’est quitte ou double… Ce jour là, nous nous présentons au départ du Trail des Passerelles du Monteynard.

Épisode #11

15 juillet 2018 : M-4

2h00

Le portable sonne. C’est l’heure du petit-déjeuner. Si nous nous levons si tôt, c’est parce que la navette qui nous emmène au départ est programmée à 3h30 du matin. Dur !

Il faut nous forcer un peu à manger, car nous n’avons pas faim. Le repas de la veille au soir est à peine digéré qu’on se sent obligé de remettre le couvert. Dans 10 heures, on fera l’amer constat que c’était une très grosse erreur. Bref, on finalise le remplissage des gourdes (des flasques en réalité) et on quitte l’hôtel pour rejoindre Treffort, à 30 minutes de Grenoble.

5h00

Largué dans le village de La Mure à 5h du matin, nous découvrons qu’il faut attendre encore 30 minutes dans le vent et le froid avant le départ. Inconcevable pour Stef, déjà frigorifiée par la climatisation du car. Heureusement, le café derrière l’église est ouvert, blindé de coureurs. On s’y faufile pour commander un thé et se mettre au chaud. La meilleure idée de la journée !

8h30

Déjà 3 heures de course, et nous sommes sous la pluie et l’orage. On ne fait que sortir la veste, puis la remettre. Le passage sous la pierre percée s’est fait sur des pierres glissantes. Notre progression est cependant rapide, comparée à notre premier trail, en avril. Les sentiers sont assez propres, et il nous est facile de trottiner sur le plat. Stef fait même de belles descentes, notamment celle vers La Motte d’Aveillan. Et finalement nous passons avec presque une heure d’avance sur mes prévisions à la « mine image ». On y fait un bon stop pour passer aux « commodités » et nous ravitailler, puis nous prenons le chemin de Monteynard et de son lac, toujours en courant dès que l’état des chemins nous le permet.

12h00

Enfin le ravitaillement au lieu-dit « Les Côtes ». Depuis deux bonnes heures maintenant, nous évoluons sous un soleil de plomb. Avec la pluie tombée ce matin, cela accentue la sensation de suffocation. Mais le ravito est en vue. Ce point est également la première barrière horaire, fixée à 13h00, et nous avons une heure d’avance !

Satisfaction de courte durée. Une bénévole annonce à notre arrivée : « les barrières horaires sont diminuées de 30 minutes, à cause de la finale de la coupe du Monde de football ». La blague !?!  Moi qui pensait courir libéré de ce poids, c’est raté. Aller, on respire un grand coup, et on passe à table…
On se trouve un coin d’ombre, et j’apporte du coca et de l’eau à Stef. « ça passe pas. Je n’arrive pas trop à boire… Apporte moi plutôt un petit sandwich, s’il te plait ». Et elle en mange à peine deux bouchées. «  Je n’arrive pas trop à avaler » ajoute t-elle inquiète.

On décide alors de ne pas trainer ici. Ça ira mieux tout à l’heure, se dit-on. C’était sans compter sur la monter vers le Senépi : 1200 mètres de dénivelé positif pour 4 kilomètres de sentier, droit dans la pente. Et les premiers kilomètres sont terribles. C’est simple : je n’avais jamais vu une telle pente en 30 ans de course à pied ! Un véritable Kilomètre Vertical !

Arrivés en haut, j’oblige ma partenaire à boire un peu, mais sa gorge et son estomac semblent être d’un avis contraire au mien… Ça ne passe toujours pas, mais son moral ne semble pas atteint. On plonge vite vers le ravitaillement de l’alpage, que l’on passe sans tarder, en évitant d’en dire trop aux secouristes sur l’état de Stef, pour éviter de se faire arrêter.

15h55

Mayres-Savel : dernière barrière horaire. Nous l’atteignons avec 50 minutes d’avance, et même si celle-ci est aussi ramenée à 16h30, notre avance est confortable.

Comment va Stef ? Assez mal. Assise sur une chaise, ses yeux se ferment. Toute tentative de boire se solde par un haut-le-cœur. Et il est impossible pour elle de s’alimenter. Des dizaines de coureurs nous passent, mais vous savez quoi ? On s’en fout ! Comme il n’y a pas de fermeture du contrôle d’arrivée à Treffort, nous sommes donc certains de marquer nos points pour la Diagonale. À condition de finir la course, bien entendu. Et peu importe de finir derniers, on a déjà pris l’habitude.

On se remet en route à 16h30, avec le serre-file, laissant derrière nous une vingtaine de concurrents qui ne veulent plus repartir. Il reste 12 km, avec les deux passerelles himalayennes : celle du Drac et celle de l’Ebron. Et Stef marche péniblement. Elle peine aussi à respirer. Est-ce à cause du fait que nous n’avons plus la pression des barrières horaires ? Des « nerfs qui tombent » comme on dit ?

On rattrape néanmoins des concurrents… qui abandonnent les uns après les autres. Ce qui fait qu’après 4 ou 5 kilomètres, nous nous retrouvons de nouveau en compagnie du serre-file. Ce bénévole est admirable. A aucun moment il nous fait sentir que sommes une charge pour lui. A aucun moment il nous incite à « mettre la flèche ». Pourtant nous sommes en pleine finale de la Coupe du Monde, que nous parvenons péniblement à suivre via mon téléphone portable. A l’approche de Treffort nous entendons les klaxons et les clameurs des supporters, pour la victoire. A l’arrivée nous croisons la foule qui quitte la base nautique, et nous passons incognito sous l’arche d’arrivée, déjà à moitié démontée.

Sauts de joie ? Éteintes de bonheur ? Non, pas cette fois–ci non plus. Direction le véhicule des secouristes à qui je demande de ressortir le matériel nécessaire à la prise en charge de Stef, qui est bien mal en point, en détresse respiratoire. Résultat du check-up : des troubles digestifs et donc une grosse déshydratation, avec en bonus une légère luxation sterno-claviculaire qui l’empêche de respirer et dont on a aucune idée de l’origine.

Mais nous avons marqués une deuxième fois nos 85 points pour participer à la Diagonale des Fous.

Mais l’équipe de France remporte sa deuxième étoile de championne du Monde de football.

Mais nous sommes heureux.

 

 

 

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🎯 Mission accomplie (cf post de samedi). Elle est finisher, et moi avec, du coup : – sa forme ✅ – ses articulations en carton ✅ – ses progrès en descentes ✅ . > PETIT problème, on a couru beaucoup plus qu’en avril, à la Trans’Baume… Résultat : son estomac était en vrac dès le km 35, la dernière fois où elle a pu manger quelque chose ❌ – au km 52, elle ne pouvait plus boire ❌ – les 12 derniers se sont fait au mental, en plus de 3 heures 😱 . Mais c’est fait, et je suis fière de mon élève 😍 . #traildespasserelles #courirencouple #trailaletatpur #senepi #denivelé #prepaultratrail #ultratrail #courircommeunpro #hokaoneonefrance #compressportfrance #mulebar #cooknrunangers #enduranceshopangers

Une publication partagée par 🏃🏻Courir Comme Un Pro .fr (@syl_runrun) le


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