La Trans’Baume [Nous survivrons – Épisodes 6-7]

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La Trans’Baume [Nous survivrons – Épisodes 6-7]
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Épisode #6

Avril 2018: M-7

Le jour J approche à grands pas. Nous avons placé deux bonnes sorties fin mars et début avril, dont une particulièrement longue le week-end de pâques, avec un 40 km de marche / course. Pour cette dernière, nous empruntons une portion du GR3, aux bords de la Loire, en amoureux, toujours avec la technique de « l’aller simple ».

Le TER nous dépose donc à la Gare des Rosiers-sur-Loire vers 13h, sandwiches dans le sac à dos, et nous rallions Les-Ponts-de-Cé, alternant villages de charme, forêts, et points de vue sur la Loire. Soit un parcours de 40 kilomètres au total, et 5h40’ de balade ! Et comme pendant tout l’hiver, nous avons essuyé de fortes pluies, et pataugé presque tout le long de la sortie…

 

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🏃Sortie Trail 40 km en Rando-course sur le GR3 avec ma ❤️. Des paysages magnifiques avec des points de vue sur la Loire. Spor idéal…. en été ☀️ – – – – – – – – – – – – – – – Un peu de soleil, de la pluie, de la boue, du vent. Mais on s’en sort sans un pet’ de jeu ✅ •••••••••••••••••••• #sortielongue #courircommeunpro #trailrunning #running #instarunfrance #ultratrail #ultratrailer #instarun #igrunner #igrunners #trainhardtofinisheasy #runnerslife #runnerlife #runningcoach #courseapied #courir #runningaddict #hokaoneone #garminforerunner235 #raidlight #compressport #denivelé #trailerdesplaines #marathonman #courirenamoureux #courirencouple #loverun #wearetoguether #topchronofamily #enduranceshopangers

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La semaine suivante, chacun fait un footing de son côté, avec une vingtaine de kilomètres pour moi. Puis la suite d’avril est placée sous le signe de l’entretien physique, de la préparation du matériel et du voyage vers la Provence, pour le Trail de la Sainte Baume.

J’ai fait mon petit tableur, avec les allures nécessaires pour passer les barrières horaires sans encombre le 22 avril. A 4 km/h ça semble jouable, sauf que je ne connais pas trop la topographie des lieux, ni l’état de surface des chemins. Ça sera la surprise !

Épisode #7

Samedi 21 avril 2018 – Cuges les Pins

Nous voilà au pays de Manon des Sources. Nous sommes en voiture, en approche de Cuges-les-Pins. Pourquoi avoir choisi la Trans’Baume ? Ce trail répond à la plupart des critères que nous nous sommes fixé. Le format tout d’abord, qui avec 63 kilomètres et 3300 mètres de dénivelé nous permet d’obtenir plus des 85 points requis pour la Diagonale des Fous. Et puis en ce mois d’avril, nous souhaitions augmenter nos chances d’avoir une météo clémente. Ce qui est le cas : grand soleil et chaleur sont au rendez-vous à l’entrée dans le village de Cuges.

Dans la petite salle des fêtes, à la remise des dossards, nous prenons la mesure de l’organisation de ce trail de la Sainte Baume. Il s’agit d’une course locale, pour les locaux. 350 engagés pour finalement 250 partants, c’est peu. Tout le monde à l’air de bien connaître le parcours : il sera très technique. L’organisateur est fier d’annoncer que certaines portions ont été spécialement ouvertes pour nous, à travers la garrigue. Pas bon signe, ça… De plus, il nous est demandé d’augmenter nos réserves en eau, car il va faire très chaud.
Est-ce que ça inquiète Stef ? Pas du tout. En fait ça lui passe au dessus. Je lui ai dit que nous avions la capacité de finir, alors ça lui va. Elle veut que je lui en dise le minimum sur les allures et les barrières horaires. Cette candeur est surement une force. Je tacherai de gérer ça au mieux.

Dimanche 22 avril 2018 – 9 heures

Nous sommes sur les crêtes de la Sainte Baume. La montée s’est bien passée, avec le lever de soleil sur la Provence. La forme est au rendez-vous. Nous apprécions la vue sur la Méditerranée, les odeurs de romarin, l’air doux sur notre peau. Mais à l’entame de la première descente, je me décompose : ma coéquipière refuse l’obstacle. Nous savons que la descente est sa bête noire, mais nous pensions qu’elle avait fait des progrès. Or en ce dimanche matin ça ne passe pas. La pente est raide, les pierres se dérobent sous nos pieds, les coureurs nous passent par wagons entiers, puis au bout de 10 minutes, plus grand monde derrière. L’anxiété monte. Je regarde nerveusement ma montre. Je cherche du regard d’éventuels poursuivants. A ce moment là, les choses sont claires dans ma tête : les probabilités de finir en franchissant les barrières horaires sont infimes.
La pente s’adoucit finalement, avec des portions où nous courons à bonne allure et où nous rattrapons une dizaine de concurrents.

A la première barrière horaire, nous pointons avec 45 minutes d’avance. La sérénité est de retour, et nous remontons vers les crêtes et vers le Pas de l’Ail. Il n’y a pas à dire : elle monte bien Stef. En mode grimpette, nous n’avons rien à envier aux autres trailers qui sont eux, tous équipés de bâtons. Les paysages magnifiques permettent de penser à autre chose qu’à notre allure. Et nous plongeons vers le ravitaillement de la mi-course, là où j’ai prévu faire une bonne pause et une vérification générale : massage pour Stef, crème anti-frottement pour moi, le plein pour nos bidons. Pendant ce temps là, les autres ravitaillent en express et nous distancent… C’est déstabilisant, mais je m’en tiens à ma stratégie.

Quand nous repartons, c’est avec une dizaine de minutes d’avance sur la barrière. Oui, notre avance fond au soleil… Et le menu qui nous attends est copieux : l’Hermitage de la Sainte Baume, son chemin de croix, et la montée vers le sommet et le radar militaire de la Sainte Baume. Le soleil est à son zénith, la digestion est difficile, et la pente abrupte. On essaye de courir quand c’est possible, mais les jambes sont lourdes.

On dépasse un marseillais nauséeux, assis sur le bord du chemin, et d’autres bien mal en point. Malgré des passages à vide et une hypoglycémie de Stéphanie, nous pointons avec 5 minutes d’avance au col de Bertagne, au kilomètre 42. Les bénévoles ont déjà rangé leur matériel, mais ils nous ont laissé un demi Camembert et une bouteille d’eau. L’un des coureurs qui nous avait passé dans la Sainte Baume est brancardé par les pompiers, prêt à être évacué. Ça donne le moral 🙁

La suite n’est que longueur de temps et solitude. On trottine de temps et temps, histoire de ne rien regretter, mais j’ai bon espoir d’éviter le couperet au kilomètre 52.
Le soir tombe déjà, et il fait moins chaud. Avec à peine 10 minutes d’avance, nous passons cette dernière barrière sans trop s’attarder, car des coureurs y abandonnent, et je préfère rester dans notre dynamique positive. Mais c’est sans compter sur un « coup de mou », à mon tour, dans la terrible remontée vers le Vallon du Fauge. Heureusement, cela ne dure que 15 ou 20 minutes, et je peux de nouveau être moteur dans notre descente finale vers Cuges-les-Pins. Une longue descente dans la pénombre, tantôt sur des pierres, tantôt dans la poussière et les racines. On commence à apercevoir le village, et on doit y arriver avant 21 heures pour être classés et marquer nos 85 points. Mais l’impression qu’on ne s’en approche pas assez vite est angoissante.
20h50 : Cuges est tout proche, et la nuit est tombée. Stef se résigne à courir dans le dernier kilomètre qu’il doit rester. Bien nous en prend, car c’est avec 4 petites minutes d’avance que nous pointons à l’arrivée, à 20h56. Enfin, ce qui reste de l’arrivée, c’est à dire une table et un PC, car le reste est démonté, et on ne leur en voudra pas…

Sauts de joie ? Embrassades ? Pleures ? Non, rien de tout ça bizarrement. Une tape dans le dos, et on file manger nos spaghettis bolognaises avec les bénévoles. Les coureurs et serre-files croisés à table sont sidérés d’apprendre que c’était le premier trail de Stef. Car finir un premier trail sur un tel parcours leur semble en effet culoté ! « Vous avez choisi le trail le plus difficile et le plus technique de la région ! » nous annonce l’un d’eux, avec une pointe de fierté…

La suite de notre « course aux points » dans le prochain épisode 😉

 


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